Depuis quelques années, l’assimilation, la fragilité démographique, l’exode rural et le besoin d’expertises nouvelles motivent notre besoin d’accueillir et d’intégrer d’autres francophones au projet d’une société acadienne qui grandit et veut assurer sa pérennité. Nous avons besoin des autres pour consolider notre langue et élargir notre communauté; nous avons aussi besoin que les autres nous aident à nous ouvrir sur le monde, sur d’autres cultures qui partagent avec nous une langue commune.
L’Acadie du XXIe siècle est à la croisée des chemins, à un point tournant de son évolution; elle se veut une société de langue française … moderne, viable, autonome, démocratique, pluraliste et diversifiée. Peu importe leur origine, les immigrants et immigrantes qui ont intégré l’Acadie au cours de son évolution font partie de cette communauté d’histoire et de destin.
De plus, même si nous avons longtemps été perçus comme une société homogène, il faut souligner que sur le plan historique, l’Acadie du Nouveau-Brunswick est le fruit d’influences et d’apports très diversifiés. Aujourd’hui, certaines de nos différences régionales témoignent de ce passé diversifié, et nous invitent à passer de la parole aux actes pour aplanir ces différences.
Créée en 2003, la Table de concertation sur l’immigration francophone, présidée et appuyée par la SANB, a travaillé en ce sens. La sensibilisation de la communauté, la poursuite de partenariats et la mise en commun des préoccupations des nombreux intervenants dans ce dossier ont progressé de façon significative. Grâce à la participation d’une trentaine d’intervenants des deux paliers gouvernementaux et du milieu associatif et communautaire, la Table de concertation est désormais un joueur incontournable dans le dossier de l’immigration. Tous s’accordent pour lui reconnaître le mérite d’avoir réussi à favoriser la réflexion collective sur cette question capitale pour l’avenir de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick.
Cependant, l’élection d’un nouveau gouvernement libéral dans la province en septembre 2006 a momentanément ralenti les travaux entrepris avec le comité qu’avait créé le ministère des Affaires intergouvernementales afin de renforcer le cadre législatif de la province en matière d’immigration.
C’est en avril 2007, que le gouvernement provincial de Shawn Graham a finalement procédé à la création du Secrétariat à la croissance démographique qui devra, entre autres choses, élaborer une stratégie complète visant à promouvoir la croissance démographique. Le rapatriement des jeunes originaires du Nouveau-Brunswick, la rétention, le recrutement et l’aide à l’établissement des immigrants seront au cœur de cette stratégie. Les objectifs du gouvernement provincial sont d’accroître le nombre d’immigrants jusqu’à 5000 personnes par année d’ici à 2015 et d’améliorer les services d’établissement pour favoriser la rétention d’immigrants reçus.
Les membres de la Table de concertation sont d’avis que le maintien de l’équilibre démographique de la communauté acadienne et francophone, la sensibilisation de la communauté d’accueil et le renforcement des structures d’accueil et d’intégration francophones existantes doivent demeurer les objectifs prioritaires du Secrétariat.
Compte tenu de leur expertise, la SANB et la Table de concertation seront donc amenées à poursuivre leurs efforts et à travailler étroitement avec le Secrétariat à la croissance démographique, et ce, malgré le manque flagrant de financement pour assurer la coordination des travaux.