Depuis le début des années 1980, la SANB se préoccupe des services de soins de santé offerts aux francophones, dans leur langue. Avant la fin de la décennie 1980-1989, elle avait produit, sous la direction de Jean-Bernard Robichaud, une recherche d’envergure, (LA SANTÉ DES FRANCOPHONES. Objectif 2000 : vivre en santé en français au Nouveau-Brunswick. Moncton (Canada), Editions d'Acadie, 1985, 189 p.). L’organisme a alors entrepris de militer auprès du gouvernement provincial afin qu’il améliore les services en français pour la population francophone.
En 1998, à son assemblée annuelle, la SANB se donne finalement comme priorité le dossier santé. Les années qui ont suivi, soit de 1999 à 2003, donnent lieu à des forums de consultation et de concertation, et à la publication des résultats d’une recherche sur la santé des francophones et sur les soins de santé à leur intention, réalisée par Léandre Desjardins. Durant cette période, la SANB participe également au soutien d’une importante démarche nationale portant sur l’accès aux soins de santé en français pour les minorités francophones du pays.
En 2006, forte de l’appui de la majorité des organismes acadiens, la SANB soumet au gouvernement un plan de restructuration du ministère de la Santé.
La santé en français au N.-B. (version imprimable)
Où en sommes-nous en 2009?
En principe, les francophones du Nouveau-Brunswick ont droit à des services en français partout dans la province. Cependant, et malgré l’adoption de la nouvelle Loi sur les langues officielles, l’accessibilité aux services de santé en français, de manière équitable, demeure une réalité à concrétiser dans la province.
Depuis plusieurs années, le secteur de la santé a subi de nombreuses réformes.
En 2002, sous le gouvernement conservateur de Bernard Lord, une première réforme a créé huit régies régionales de la santé, dans les régions sanitaires existantes. Chaque régie devait déterminer les besoins en matière de soins de santé de sa population, les services de santé requis pour répondre à ces besoins et la façon dont les ressources seraient utilisées pour assurer ces services. Le gouvernement s’était engagé à créer un réseau de soins de santé communautaire intégré, axé sur les patients pour l’ensemble de la population néo-brunswickoise.
En 2008, le gouvernement libéral de Shawn Graham entreprend une nouvelle réforme qui ramène à deux le nombre de régies de la santé : La Régie A – désignée bilingue, et la régie B, anglophone.
Devant cette situation qui prive les francophones de leurs propres institutions de santé, de leur droit de travailler en français et de recevoir des services de qualité dans leur langue, un groupe de citoyens connu sous le nom de comité Égalité en Santé a entrepris de contester cette réforme devant les tribunaux.
Le Comité a reçu l’appui de la SANB, mais la bataille sera longue, puisque le gouvernement ainsi que de sa ligne de défense contre la poursuite judiciaire en cours sont d’avis que la Loi constitutionnelle sur l’égalité des deux communautés linguistiques ne s’applique pas au secteur de la santé.