La SANB dénonce les manquements persistants à l’accès aux soins de santé en français dans la province
Petit-Rocher (Nouveau-Brunswick), le jeudi 2 juillet 2026 – La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) dénonce publiquement les manquements persistants de la Régie de la santé Horizon en matière de langues officielles, notamment en ce qui concerne l'accès aux soins de santé en français dans les grands centres urbains à prédominance anglophone de la province : Fredericton, Saint-Jean et Miramichi.
Au cours des dernières années, les manchettes ont mis en lumière une réalité que la communauté acadienne et francophone connaît depuis trop longtemps : dans ces centres, l'accès aux soins de santé en français demeure précaire, fragmenté et, trop souvent, inexistant.
« Cinquante ans de bilinguisme institutionnel, et la communauté acadienne et francophone de notre province doit encore se battre pour être soignée dans sa langue. C'est inacceptable. Nos droits ne sont pas négociables, et la SANB sera là aussi longtemps qu'il le faudra pour les faire respecter », affirme Gérald Arseneault, président de la SANB.
À l'Hôpital régional de Miramichi, qui dessert une importante population francophone, la situation est particulièrement préoccupante. Les témoignages entendus lors des consultations publiques du Comité permanent des langues officielles ne sont pas des cas isolés; ils reflètent une réalité bien documentée, comme l'a d'ailleurs confirmé la Commissaire aux langues officielles à la suite de ses plus récentes enquêtes.
À Fredericton, la communauté acadienne et francophone est confrontée à un manque criant de professionnels de la santé capables d'offrir des services en français : médecins de famille, infirmières et infirmiers, spécialistes , privant ainsi des milliers de résidents francophones d'un accès réel aux soins primaires. Le Centre de santé francophone de la ville en est un exemple frappant, puisqu’il est sans médecin depuis plus de trois ans, malgré les nombreuses interventions publiques dénonçant cette situation.
À Saint-Jean, le constat est tout aussi préoccupant. L'accès aux services de santé en français repose encore trop souvent sur les épaules du patient francophone, qui doit demander et parfois réclamer à répétition des services dans sa langue, même lorsque sa préférence linguistique est clairement inscrite à son dossier.
« La SANB salue la détermination des trois centres communautaires ainsi que de toutes les Acadiennes, de tous les Acadiens et des francophones qui vivent en situation doublement minoritaire dans notre province et qui ont choisi de dénoncer cette réalité et d'exiger mieux. Leurs revendications sont légitimes, elles sont urgentes et nous continuerons de les porter avec toute la vigueur qu'elles exigent », poursuit Gérald Arseneault.
Devant le Comité permanent des langues officielles, les trois centres communautaires ont formulé dix recommandations concrètes visant notamment à renforcer la gouvernance linguistique, améliorer la collecte de données, accroître la représentation francophone et assurer un meilleur accès aux soins de santé en français.
Dans le cadre de la révision de la Loi sur les langues officielles, la SANB demande au gouvernement du Nouveau-Brunswick d'accorder à la Commissaire aux langues officielles le pouvoir de rendre des ordonnances contraignantes et d'entreprendre sans délai la fusion de la Loi sur les langues officielles et de la Loi 88. Elle demande également à la Régie de la santé Horizon de respecter pleinement ses obligations linguistiques, de mettre en place un mécanisme transparent de reddition de comptes et de donner suite aux recommandations formulées par les trois centres communautaires.
« L'accès aux soins de santé en français est un droit fondamental, pas un privilège. Il est temps que les institutions publiques assument pleinement leurs responsabilités envers la communauté acadienne et francophone », conclut Gérald Arseneault.
-30-
Pour plus d'informations, veuillez contacter :
Ulrika Lucia Obama
Directrice des communications à la SANB
communications@sanb.ca
Cellulaire : 506-233-5624