Angèle Losier

Angèle Losier

Directrice générale du Centre d’accueil et d’accompagnement francophone pour immigrants – bâtisseuse de l’entraide sociale au Nouveau-Brunswick

Énergie, détermination, vision, ambition sont les mots qui accompagnent le quotidien de la directrice générale du Centre d’accueil et d’accompagnement francophone pour immigrants (CAFi). L’organisme qu’elle dirige a pour mission de favoriser l’intégration et l’épanouissement de milliers de nouveaux arrivants, dans un contexte de croissance marquée de l’immigration.

« La musique fait partie de ma génétique familiale, j’aime danser, j’adore être entourée de gens ! » Née dans la Péninsule acadienne en août 1982, Angèle a fréquenté une école primaire du comté de Kent, puis l’école secondaire de Shippagan. La sympathique et chaleureuse gestionnaire se disant « portée vers les autres » pensait à une carrière dans les arts… Mue par le « désir d’améliorer la société », elle s’est inscrite en travail social à l’Université de Moncton en 2000. Après l’obtention de son baccalauréat en 2006, elle commence sa carrière au Centre de prévention de la violence de Kent. « À titre de directrice générale de l’organisme, j’avais la responsabilité de mobiliser les forces du milieu et d’obtenir l’aide nécessaire visant à soutenir les enfants et les adolescents victimes de violence et d’agression sexuelle. À partir de 2015, j’ai dirigé la création et le fonctionnement du Boreal, un centre d’expertise pour enfants et adolescents victimes d’agression sexuelle. »

Août 2021 marque l’entrée de la leader et travailleuse acharnée dans l’écosystème très vaste de l’accueil et de l’intégration des immigrants à la vie canadienne, au sein du CAFi. « Le développement de projets, de programmes et de services, c’est ce qui me nourrit. Le défi pour moi n’était pas la gestion des activités ou des finances, mais bien la capacité de mon organisme à répondre aux multiples besoins de ma communauté… »

« Les immigrants francophones choisissent la région de Moncton en raison du bilinguisme. Ces derniers proviennent d’une diversité impressionnante de pays, dont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Cameroun, le Sénégal, Haïti, la Syrie, les Philippines, le Mexique, la Jamaïque, la Russie, l’Ukraine et l’Afrique du Sud. Sans surprise, plus de la moitié des employés du centre proviennent de ces pays ! ». Avec l’aide d’un personnel très dévoué, les services d’accueil et d’intégration sont aussi offerts dans les bureaux satellites des localités suivantes : Miramichi, Fredericton, Saint-Jean, Cap-Acadie et Shédiac.

Très dévouée et engagée, elle reconnaît que « la province et le pays vivent un boom de l’immigration, et que nous devons agir de façon exemplaire pour le bien-être de toutes les communautés. Je suis organisée et j’ai une vision claire de notre mission, mais je reconnais que les membres de mon organisme travaillent très fort, et que l’amélioration continue doit faire partie de la culture du CAFi. »

« L’arrivée massive d’immigrants pourrait être vue comme un risque de société, soit celui de “diluer” l’identité acadienne. Il faudrait davantage voir ces changements comme un enrichissement de notre culture et de nos rapports sociaux. Aussi, il demeure aux Acadiens de faire connaître leur culture et leur mode de vie. Il faut créer des ponts entre les nouveaux venus et les communautés d’accueil ; établir des espaces de dialogue ; arrêter de voir les immigrants comme des “invités”. Il est peut-être temps de poser un regard renouvelé sur ce qu’est l’Acadie. Au-delà des festivals populaires, il y a l’histoire, le patrimoine bâti, les lieux historiques, les pratiques agricoles séculaires, la chasse et la pêche, et bien sûr, les multiples formes d’expression artistique - peinture, chanson, danse, théâtre, cinéma et littérature - tout cela doit s’enseigner… »

Aux jeunes, la leader suggère de : « soigner vos racines et les faire se propager; garder votre culture vivante; vous adapter à l’époque et au monde changeants, et bâtir des ponts avec les personnes qui vous entourent. »

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