Jean Lanteigne

Jean Lanteigne

Directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels, administrateur de sociétés et amoureux des arts

« Au Canada atlantique, la valeur annuelle des pêches de crabe et de homard dans les eaux froides de l’Atlantique représente environ cinquante pour cent de toutes les captures. Alors que la côte Nord-Est des États-Unis présente un habitat moins propice compte tenu du réchauffement des eaux, la demande pour le homard canadien demeure élevée… Toutefois, le réchauffement des eaux du golfe du Saint-Laurent et de la côte atlantique est un enjeu pour le secteur des pêches. La croissance des larves de homard, la reproduction et l’alimentation de ce crustacé pourront devenir problématiques en raison des changements climatiques. Au surplus, la surabondance d’espèces “nuisibles” n’est pas une bonne nouvelle pour les pêches maritimes; mentionnons les interactions entre espèces telles que le phoque gris, le bar rayé et, à un certain degré, la baleine noire.

Né en septembre 1949 à Bas-Caraquet d’un père capitaine de bateau de pêche et d’une mère secrétaire comptable, l’élève brillant a été président du conseil scolaire étudiant en 12e année. Il a étudié en commerce à l’Université de Moncton jusqu’en 1971. Depuis 2007, il exerce la fonction de directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP) située à Shippagan. Il représente les pêcheurs de crabe et de crevette. Alors qu’on lui avait attribué plusieurs responsabilités d’animation et d’encadrement de la vie étudiante universitaire, cela à titre de directeur de la société artistique universitaire, de 1971 à 1974, il devait notamment organiser les activités du ciné-campus, de même que la tenue de nombreux événements artistiques. Il avait attiré les plus grands noms du show-business au Québec et au Nouveau-Brunswick… C’est bien dans cette période riche de turbulences sociales qu’il a pu développer ses habiletés d’entrepreneur.

Au cours de la période de 1975 à 1984, il joint les rangs de l’entreprise financière Co-operators à titre de représentant aux ventes d’assurance générale et d’assurance vie. « C’était magique, dit-il, mon réseau de connaissances s’étendait à toute la Péninsule acadienne ! » Le mélomane partageait alors la vie musicale de son épouse Renée Robichaud, accompagnatrice de piano des artistes acadiens, professeure de musique et amoureuse des grands classiques. Entre 1984 et 1997, il était devenu propriétaire d’un magasin d’audio et d’équipement de musique à Caraquet. Le citoyen engagé a été présent au Conseil municipal de Bas-Caraquet pendant 11 ans à partir de 1997. Il a joué les rôles de conseiller municipal, de maire adjoint, de maire par intérim, et enfin, de maire élu pendant huit ans.

« Le métier de pêcheur est dur… Il faut faire face à la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée ainsi qu’aux coûts d’exploitation très élevés — une facture de 30 000 $ d’achat de carburant pour une sortie en mer de six jours ! Mentionnons aussi les exigences des usines de transformation parfois contrôlées par des intérêts étrangers, et enfin, le caractère saisonnier des activités. Le secteur des pêches va exiger une réelle capacité d’adaptation de la part de tous les acteurs. La durabilité des pêches sous-tend la protection des habitats marins, l’adaptation des engins de pêche, et la mise en œuvre d’une véritable approche écosystémique des pêcheries ». À travers le credo du respect de la biodiversité, « cela pourrait signifier la capture de toutes les espèces marines et le retrait de la pêche sélective… »

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