Jean-Marie Nadeau
Militant, journaliste, syndicaliste, auteur, un grand Acadien
Homme aux mille idées et aux mille projets, il refusait le statu quo et agissait selon ses principes et ses convictions. Dans sa carrière et son militantisme, il a combattu les injustices et le non-respect des droits du peuple acadien. Il est ce leader qui a soutenu les travailleurs et les moins nantis, et qui a fait connaître les besoins, les valeurs et les rêves de l’Acadie.
Jean-Marie a obtenu le baccalauréat ès arts en sociologie en 1969 du collège de Bathurst. Il a étudié les sciences politiques, le droit de la personne et le droit international à l’Université d’Aix-en-Provence. Il y obtient une maîtrise en 1972. De 1973 à 1975, il est le rédacteur en chef de la revue « L’Acayen ». Jean-Marie a aussi travaillé pendant quelques années pour l’Union des pêcheurs des Maritimes. Il était organisateur communautaire des pêches côtières. « Il régnait alors une pauvreté endémique en Acadie. De façon surprenante, une belle histoire est née. C’était l’inauguration en 1976 du premier syndicat de pêcheurs côtiers au Nouveau-Brunswick. » Il est membre de la direction du Parti acadien de 1973 à 1978 à titre de secrétaire provincial. La ferveur qu’il a pour la coopération l’amène à Montréal où il dirige une clinique médicale communautaire à Pointe-Saint-Charles. Il élargit plus tard ses expériences d’entraide à la coopérative d’habitations Interloge de la région montréalaise à titre de directeur général. De retour en Acadie en 1985, il va exercer le poste de secrétaire général de la Société nationale de l’Acadie jusqu’en 1989. Il a occupé la fonction de directeur de l’information et de rédacteur en chef du journal L’Acadie Nouvelle jusqu’en 1991.
Il faut rappeler la fougue et le franc-parler du leader engagé dans l’évolution de la nation acadienne. En 1992, avec l’effondrement des stocks de poissons dans les régions de l’Atlantique, il a occupé le poste de directeur général du programme d’aide à l’industrie de la pêche à la morue. Jusqu’en 1997, il va représenter, à titre de porte-parole, les pêcheurs semi-hauturiers de poisson de fond et de crabe à l’Association des pêcheurs professionnels acadiens. De 1997 à 2006, il a été adjoint de direction à la Fédération des travailleuses et des travailleurs du Nouveau-Brunswick. En 1989, il a mis en place la radio communautaire CJSE à Shédiac.
Ajoutons à cela son action politique au Front commun pour la justice sociale et à la présidence de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) de 2008 à 2013. Parmi les centaines de défis auxquels il a été confronté, signalons par exemple la révision de la Loi (provinciale) sur les langues officielles, les coupes effectuées dans les dépenses du gouvernement provincial en éducation en milieu francophone, l’affichage bilingue, et plus récemment, le maintien des soins de santé dans les régions francophones moins populeuses.
Il rappelle aux jeunes : « Sachez aimer votre langue au quotidien et prenez-en soin ! Engagez-vous à l’échelle de la communauté. Parlez plusieurs langues. Soyez fiers de qui vous êtes. »