Roger Ouellette

Roger Ouellette

Professeur de science politique, analyste de la vie politique et amoureux des arts et de la culture

« J’ai plusieurs identités, dit-il. Je suis Brayon, Acadien, Néo-Brunswickois et Canadien. » Il faudrait ajouter à cela citoyen du monde. Il a vécu en France pendant plus de six ans, et réalisé des séjours académiques en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Serbie et en Argentine.

Ayant grandi dans la région de Madawaska, arrivé à l’Université de Moncton pour ses études de science politique de 1974 à 1976, il doit s’adapter. « J’ai été surpris par l’imposante présence anglophone et par l’usage du chiac. Je voulais comprendre la place des Acadiens et la position des francophones dans l’entité politique canadienne. » Académicien des sciences politiques reconnu, il possède des goûts éclectiques pour tout ce qui touche aux arts, à la culture et à la vie intellectuelle. Il n’est donc pas surprenant de découvrir son intérêt pour les spectacles de la « Lutte Grand Prix » ou encore sa fascination pour les leaders populistes Réal Cayouette (1917-1976) et Camil Samson (1935-2012) !

Heureux lauréat d’une bourse d’études doctorales France-Acadie, il fera ses études à Paris à partir de 1981. Au cours de la période de 1982 à 1984, il a enseigné la science politique à l’Université de Moncton. L’appel du savoir le propulse à nouveau vers la France, à l’École nationale d’administration (ENA) à Paris. En 1986, il sera au service de la Direction des relations internationales du Nouveau-Brunswick et assigné aux relations avec les autorités du gouvernement français. C’était l’époque de la « diplomatie du homard » : il se souvient d’un jour où l’équipe de Richard Hatfield lui avait demandé de trouver des cadeaux inspirés du terroir pour toute la délégation française. Il avait eu à acheter du homard frais pour une valeur de 3 000 $ ! Il relate comment la collaboration entre Acadiens et les dignitaires français était teintée de proximité et même d’amitié. Dans la foulée des enjeux de l’identité acadienne et des débats avec les autorités de l’État, il a été élu président de la Société nationale de l’Acadie (SNA), un rôle qu’il a occupé de 1991 à 1995. En 1988, il sera nommé professeur de science politique à l’Université de Moncton, poste qu’il occupe toujours aujourd’hui. Le passionné de l’écosystème politique s’était engagé bénévolement dans le secteur de la radiodiffusion communautaire. Il a été successivement bénévole à la radio communautaire CJSE de Moncton, président des radios communautaires du Nouveau-Brunswick et président des radios communautaires francophones au Canada.

« Les Acadiens et tous les autres Canadiens doivent rappeler aux élus l’importance de soutenir nos valeurs démocratiques. L’État et son administration doivent agir dans le respect des droits des Autochtones et également de ceux des minorités, des femmes, des personnes handicapées, gaies ou lesbiennes (LGBTQ)… Dans notre démocratie parlementaire progressiste, il faut protéger le plus faible… et continuer à défendre nos valeurs communes de partage de la richesse et d’aide aux moins nantis (État-providence), de respect des institutions politiques, d’accès au vote sans entraves ni restrictions, de libre expression, et enfin, d’admissibilité aux programmes de santé et d’éducation… En dépit d’une grande proximité avec les États-Unis et de l’intégration de certains de nos systèmes économiques respectifs, il importe pour les Canadiens et le pays de s’écarter des politiques américaines extrémistes et de l’influence d’une société américaine très polarisée et parfois violente. »

Vers le haut