Nicole Somers
Maire de Saint-Quentin, leader fière, déterminée et agissante
Fierté, détermination et sens du devoir, c’est ce qu’évoquent les propos tenus par la maire de Saint-Quentin lors de notre entrevue à la mairie. Le parcours de la jeune femme née en décembre 1953 est marqué par les deux langues officielles. Après son cinquième secondaire, elle travaille à la coopérative de Saint-Quentin. En 1974, elle se marie et déménage à Grand-Sault. Cela a été une véritable immersion dans un milieu anglophone pour la maman de deux enfants. De retour à Saint-Quentin en 1981, elle occupait un poste d’institutrice suppléante et donnait des cours d’anglais dans le programme d’été en immersion anglaise. De 2000 à 2012, elle est devenue employée du ministère de l’Agriculture du Nouveau-Brunswick, au poste d’assistante administrative au bureau de Saint-Quentin.
L’aplomb de celle qui rêvait de faire des études universitaires en biologie est remarqué. « L’essor économique de Saint-Quentin et de la communauté voisine, Kedgwick, repose sur les produits de la forêt et sur l’acériculture. Il est impératif que les autorités de l’État agissent par les leviers des prêts, des subventions, des programmes publics adaptés et par un régime fiscal favorable aux entrepreneurs… » Née dans un milieu modeste, la maire affirme avec vigueur son identité française. Celle qui déplore le caractère anglophone prédominant de la gouvernance du Nouveau-Brunswick a été la leader de plusieurs épopées médiatisées, centrées sur les changements nécessaires aux régies de santé et d’éducation. « L’isolement de nos petites communautés et l’identité francophone de la population ne doivent pas être une barrière à l’attribution de budgets adéquats pour organiser nos services de santé et offrir un enseignement de qualité en français. »
Femme d’action courageuse, elle a mené les combats contre la fermeture des écoles dans la ville de Saint-Quentin en 2012. Elle a aussi dirigé, en 2015, le mouvement de contestation populaire en réaction aux réductions de service dans les bureaux locaux de Service Nouveau-Brunswick. Les moyens y étaient : une consultation populaire, une collecte de fonds, et enfin, une manifestation tenue à l’aréna en juin 2015. La fille d’un menuisier se dit aujourd’hui très préoccupée par les réductions de services en oncologie et dans les soins d’urgence, et enfin, par le manque de lits dans les hôpitaux.
Avec l’engagement des citoyens bénévoles et des entreprises de Saint-Quentin, elle a grandement contribué à l’intégration des immigrants dans sa communauté… Cela s’est concrétisé par des actions de soutien à l’hébergement ainsi que par l’accès à des meubles, à des aliments… Avec justesse, elle énonçait : « Je crois à l’importance de donner à son prochain, de travailler à améliorer la vie dans nos communautés, et d’être équitable. »