Alain Deneault

Alain Deneault

Philosophe, auteur et professeur au campus de Shippagan de l’Université de Moncton

Il est un homme de conviction et de rigueur ! L’équité, la justice sociale et les nécessaires mutations culturelles de nos sociétés en lien avec l’écologie politique font partie des enseignements du professeur de philosophie et de sociologie du campus de Shippagan de l’Université de Moncton. Né en septembre 1970, le philosophe et chercheur a grandi dans une famille d’enseignants de l’Outaouais (Québec) où la culture avait une place réelle. Ayant suivi les séminaires du Collège international de philosophie de Paris, il entre aux études supérieures en 1997 à l’Université Paris-VIII où il obtient le doctorat en philosophie en 2004.

Sa thèse, écrite sous la direction de Jacques Rancière, porte sur la notion large d’économie, en particulier chez le penseur allemand Georg Simmel. Également influencé par l’économiste français François-Xavier Verschave, militant pour la justice sociale en Afrique, Alain Deneault, de retour à Montréal, entreprend des recherches sur l’idéologie managériale et la souveraineté des pouvoirs privés, soit les grandes banques et les multinationales. Il a été finaliste au prix du gouverneur général du Canada. Il a aussi participé à des salons du livre au Québec, en France et en Suisse à titre d’invité d’honneur. Vivant humblement de revenus tirés de ses droits d’auteur, de charges d’enseignement universitaire et d’honoraires de conférencier, il est l’auteur de vingt essais, dont plus de quatorze ont été traduits en anglais, en espagnol, en italien et en arabe. La liste des distinctions reconnaissant son œuvre est longue.

Dans l’ouvrage L’économie de la nature (Lux, 2019), l’auteur rappelle que les sciences de la nature s’intéressent aux liens entre les espèces, les territoires, les cycles climatiques et l’agir de nos sociétés, comme un tout répondant de l’expression économie. Le philosophe décrie le régime extractiviste, productiviste, consumériste et capitaliste dans lequel nous sommes, parce que ce dernier favorise les entreprises multinationales au détriment des communautés. Il souligne les risques d’effondrement de la biosphère ainsi que des institutions de notre temps. « Le productivisme stimulé par le grand capital porte définitivement atteinte à l’équilibre du vivant. Il est devenu nécessaire non seulement de faire preuve de décroissance (consommer moins, dépenser moins, polluer moins), mais aussi de concevoir les activités de recherche et d’enseignement valorisant les sciences intéressées par l’éco-anxiété, l’étude du low-tech, ainsi que la géopolitique des biorégions. » S’ajoutent à cela des réflexions urgentes : la gestion des crises environnementales, l’accueil des réfugiés environnementaux et l’aménagement du territoire.

Une exploitation effrénée revient à nier les limites des écosystèmes et la disponibilité des richesses naturelles, ce qui milite en faveur de nouvelles organisations sociales centrées sur les régions. Pour le philosophe qui croit à la démocratie régionale, « l’heure est donc venue de penser l’écologie politique en fonction de formes régionales d’organisation politique. »

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