Brian J. Francis
Cinéaste, peintre, auteur et sage
Bouleversé par la dénaturation culturelle de son peuple mi’kmaq, le sage a consacré sa vie à dialoguer avec les Autochtones et les Non-Autochtones par la musique, la trame vidéo, la peinture et la photographie. Il faut parcourir les documentaires du vidéaste, notamment dans les espaces de l’Office national du film, de CBC-Radio-Canada et de l’Aboriginal Peoples Television Network. L’examen de son livre de pensées et de photographies Between Two Worlds (2020) nous convie à l’émerveillement. Ses messages portent les valeurs d’ouverture, de tolérance, de sauvegarde du sacré et de la spiritualité.
Né en août 1962 à Moncton, son milieu de vie était et demeure la communauté autochtone d’Elsipogtog. « Aujourd’hui, malheureusement la langue mi’kmaq ne fait plus partie du quotidien des jeunes de moins de 30 ans. La survie et la valorisation de la langue et de la culture mi’kmaq sont au cœur de mes préoccupations. » À la fin de ses études secondaires, il aidait son père dans la conduite des activités de l’entreprise familiale. De 1986 à 1989, il était employé du ministère fédéral des Affaires indiennes et du Nord, à Ottawa.
En 1989, il devient producteur et gérant de son frère Hubert Francis et de son groupe Eagle Feather. Avec une tonalité de musique rock, pop et folk, le groupe musical autochtone avait reçu des nominations aux prix Juno, ainsi qu’aux Native American Music Awards. En 2000, une nouvelle carrière de documentariste et de producteur indépendant (Bear Paw New Media Productions) était née. Il a produit, réalisé et écrit plus de 70 documentaires. Dans son film The Sacred Sundance (2008), il explore le rite de passage sacré, par la danse, les chants, les prières et la souffrance auto-infligée par les danseurs. Ces manifestations représentent des offrandes au Grand Créateur pour la guérison de soi et de la communauté.
Sans surprise, le cinéaste s’est plongé dans la représentation abstraite et figurative de la nature par la photographie et la peinture. Dans ses toiles, le Grand Manitou accompagne l’artiste dans un espace intime d’émotions. Les toiles à l’huile ou à l’acrylique illustrent des représentations visuelles de ses rêves, de ses visions du monde autochtone et de la spiritualité. Les œuvres du peintre visionnaire ont été exposées à Moncton, Toronto et Brantford.
En 2020, il a été invité à prononcer une allocution lors du Congrès mondial acadien tenu à Dieppe. Il a alors présenté cette belle histoire où les Mi’kmaq ont protégé les Acadiens durant la conquête anglaise de 1755. Il se dit très fier des liens entre ces deux peuples. Il a d’ailleurs été récipiendaire du prix Dialogue du lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick en reconnaissance de ses réalisations.