Éric Dow

Éric Dow

Doctorant en sciences du langage, musicien et militant acadien

L’étudiant au doctorat en sciences du langage à l’Université de Moncton est titulaire d’un baccalauréat en traduction de la même université, ainsi que d’une maîtrise en traductologie de l’Université d’Ottawa. De 2017 à 2022, il a œuvré à titre de directeur des communications pour la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB). On lui connaît une profonde curiosité pour les savoirs issus des humanités. Le désir de comprendre et de témoigner des liens existants entre les groupes autochtones et nos sociétés canadiennes est au cœur de ses passions depuis bon nombre d’années.

Né en mars 1992, dans la localité de Comeauville, il a vécu à la Baie Sainte-Marie (Nouvelle-Écosse). Éric a grandi dans une famille exogame où s’entremêlaient les conversations en français et en anglais. Le père, un anglophone de la vallée d’Annapolis, est devenu avocat à l’âge de 45 ans après une carrière de commerçant, alors que sa mère, francophone, est médecin de famille. Exposé très jeune aux discussions animées portant sur la politique et les grands enjeux de société, il a pris, à l’adolescence, une tangente vers la musique. Pendant plus de dix ans, le multi-instrumentiste (guitare, percussion, harmonica) et chanteur a été associé au groupe musical Cy, dont on connaît les tournées au Canada, en France et aux États-Unis. Éric a également prêté sa voix au groupe musical Beauxmont, avec lequel il interprétait le répertoire acadien traditionnel. « J’ai joué dans 300 spectacles ; la musique était ma deuxième vie. Je me considère artiste dans l’âme. » La compagnie de production musicale, qu’il a cocréée vers 2010, Productions pour le peuple, a été lauréate du prix Grand-Pré en 2021. À cela s’ajoutent le prix Éloize des arts et de la culture du Nouveau-Brunswick, le prix Trille d’Or de l’Ontario, et finalement le prix Music Nova Scotia décernés au groupe musical Cy.

La naissance d’une vision de proximité entre le peuple acadien et les peuples Wabanaki (peuples de langues algonquiennes de l’Est du Canada) provient de l’engagement du jeune leader dans l’organisation du Tintamarre acadien d’octobre 2022, alors que la SANB s’était associée aux leaders des peuples Mi’kmaq et Wolastoqey pour signifier son désaccord face à plusieurs politiques du gouvernement provincial conservateur de l’époque. Il a pu alors déduire qu’une union politique et culturelle liant le peuple acadien aux peuples Wabanaki allait mener à des alliances fructueuses. L’union des forces autochtones et acadiennes pour défendre la pérennité des langues et des cultures minoritaires sera bien sûr un des thèmes de ses recherches doctorales.

« Je suis choyé et privilégié de faire partie de la cohorte 2024 du groupe des quatorze étudiants et étudiantes boursiers sélectionnés par la Fondation Pierre-Elliott-Trudeau. » Les récipiendaires inscrits à des études doctorales participent à des activités de formation, de réseautage et de mentorat pendant une période de trois ans selon un cadre comparable aux programmes Fulbright (États-Unis) et Rhodes Scholarship (Université d’Oxford). « C’est extraordinaire ! J’ai l’honneur de dialoguer avec de grands leaders, des chercheurs, des élus, des juges de la Cour suprême… »

Sur les grands enjeux de société : « Il faut s’interroger sur la détérioration des relations entre les humains et leur milieu naturel, mais aussi sur les différends entre les groupes humains. » Le militant acadien reprend ici le combat pour le respect de l’identité acadienne en déclarant que « la gestion des établissements scolaires des deux langues officielles demeure la pierre angulaire de la transmission intergénérationnelle de la langue et de la culture au Nouveau-Brunswick comme ailleurs au Canada. »

Quelques pistes de réflexion : « Ne pas se laisser influencer par l’environnement extérieur des réseaux sociaux et d’Internet lorsqu’il y a des attaques contre la pensée libérale et libre. Par nos actions, il faut promouvoir les libertés démocratiques, soit valoriser la curiosité intellectuelle, soutenir une éducation de qualité et contribuer au devoir civique. Veiller au maintien de notre spécificité culturelle, qu’elle soit acadienne, autochtone, québécoise ou autre. »

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