Norma Dubé

Norma Dubé

Sous-ministre adjointe du gouvernement du Nouveau-Brunswick retraitée — femme d’exception engagée, militante et agissante

Née en mai 1955, elle a grandi avec ses parents et ses deux frères dans un milieu modeste du sud-est de Moncton. Autrefois mariée à un enseignant de l’école Sainte-Anne de Fredericton, elle a donné naissance à deux filles. À 40 ans et à 38, l’une est avocate au gouvernement du Nouveau-Brunswick, et l’autre, gynécologue à Moncton. La leader connue dans tous les cercles d’affaires sociales au Nouveau-Brunswick se dit très fière de sa langue maternelle. « J’ai appris l’anglais avec mes compagnes et compagnons de jeu de la rue Wesley. Dans le voisinage, nous étions deux familles francophones sur 20 anglophones. Autrement, le chiac faisait partie de notre vie d’enfants et d’adolescents. » Elle s’adresse aux jeunes francophones : « Valorisez l’usage de la langue maternelle, même si c’est imparfait. »

Détentrice d’un baccalauréat en biochimie et d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) décernés par l’Université de Moncton, elle a dû trouver les moyens de poursuivre les études par de petits boulots. « Je travaillais à l’université à temps partiel et j’étais serveuse au bar Le Kacho, sur le campus. »

À l’hiver 1979, elle recevait un appel pour une entrevue d’emploi de coordonnatrice au Bureau des premiers ministres des Maritimes ainsi qu’à la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada. « Dans mon nouvel emploi à Halifax, mes activités s’étendaient à l’échelle de cinq provinces et de six États. Je ne peux qu’être encore redevable à M. Richard Hatfield, premier ministre du Nouveau-Brunswick, d’avoir retenu ma candidature. J’ai alors appris la diplomatie et les rouages de l’État. »

« De retour au Nouveau-Brunswick en 1982, je suis devenue coordonnatrice au ministère de la Santé. J’œuvrais alors dans les dossiers liés aux relations fédérales-provinciales. » Au cours de la décennie de 1991 à 1999, la gestionnaire était directrice de la planification des politiques. De 2000 à 2002, elle a occupé le poste de directrice de la recherche. Elle devait réaliser d’ambitieux mandats tels que réexaminer les dépenses du gouvernement liées aux affaires sociales, diriger des consultations, et proposer des plans d’action. « À partir de 2002, je me vois attribuer un nouveau mandat au sein du Conseil du premier ministre sur la santé, ainsi que la tâche de développer une première stratégie de lutte contre la violence familiale, mais sans argent pour le faire ! » L’évolution de la carrière de la gestionnaire était manifestement marquée par la complexité et le besoin de faire des changements de gouvernance. Au cours de l’année 2005, la femme, connue pour sa rigueur et son aplomb, a été nommée sous-ministre adjointe lorsqu’elle est devenue directrice de l’organisme Égalité des femmes au sein du Conseil exécutif. « La tâche exigeait que je consacre une partie de mes fins de semaine au travail, notamment pour rencontrer des groupes de femmes ou de citoyens et citoyennes. » La leader a maintenu la cadence accélérée de cette fonction d’État, exigeante et stimulante, jusqu’à sa retraite en 2015, après une longue carrière de 38 années au gouvernement du Nouveau-Brunswick.

« Mes responsabilités m’ont appris à bien comprendre les enjeux profonds de notre province, que ce soit en matière de pauvreté, de droits des femmes, et de bien d’autres afflictions qui touchent les personnes vulnérables. J’ai eu le privilège de bâtir et d’influencer le cours des politiques sociales et, selon les cas, de les mettre en œuvre. Aujourd’hui, je profite de ma retraite pour rencontrer des gens et influencer la perception des décideurs. »

En juin 2025, la résidente de Fredericton s’est vue décerner, par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, le prix Albert-M.-Sormany pour ses engagements dans la fonction publique et la vie communautaire de notre province. Bravo !

En conclusion, la leader connue pour ses convictions prodigue ici quelques conseils aux jeunes : « Chérissez votre langue. Prenez votre place et soyez visibles. Créez des liens entre des gens de différentes générations, y compris des aînés. Engagez-vous dans vos milieux respectifs, dans les sports, la culture, la vie politique et ailleurs. Développez vos compétences de leadership et vos capacités d’influence. »

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