Fatoumata Guindo
Militante, auteure, jeune leader
La jeune femme, née en avril 1999 à Bamako au Mali, nous expose sa croisade pour l’amélioration des conditions de vie des femmes, ainsi que la dénonciation des injustices et des violences physiques et mentales faites aux femmes. Souriante, déterminée et visionnaire, elle commença une nouvelle vie au Canada en janvier 2018. Inscrite au baccalauréat en administration des affaires, spécialité management, à l’Université de Moncton, elle a terminé le programme d’étude en mai 2022.
Ses responsabilités, dans le cadre des activités de nombreux comités universitaires et au Centre d’accueil des immigrants francophones de Moncton, avaient pour but de soutenir l’immigration francophone et de maintenir les canaux de communication entre les immigrants et les autorités de l’État. Ayant grandi dans un milieu favorisé où la vie intellectuelle était valorisée, elle nous dit : « Ma génération est coincée entre les valeurs des jeunes et le passé. Il y a lieu de reconnaître que mon pays natal est à définir un nouvel équilibre entre le passé colonialiste et esclavagiste. Une pleine autonomie dans la prise en charge de ses ressources naturelles et la gouvernance de ses institutions demeure un immense défi. »
« J’ai pêché le maquereau à Caraquet… Les pêcheries commerciales sont encadrées et réglementées; la gestion des ressources est organisée ici. » Ce bref constat est un hommage à ce qu’est le Canada : un pays de droit. Dans le tourbillon de ses activités universitaires et de sa vie militante, elle a réussi à publier un premier roman intitulé Inspectrice Ina (Éditions de la francophonie, 2022). Sur la trame d’une intrigue policière, elle plonge dans les relations homme-femme.
« Lorsque tu te donnes les moyens, tu obtiens ce que tu veux… il faut néanmoins travailler fort. » Elle illustre son propos sur la réussite des femmes par les actions de sa mentore, Phylomène Zangio, leader de la communauté de Moncton. Elle œuvre aujourd’hui à titre de vice-présidente du Conseil des personnes d’ascendance africaine du Nouveau-Brunswick.
Oui, « le Canada, un pays de rêve », ce n’est pas là un slogan publicitaire ou celui d’un parti politique, mais c’est bien le témoignage de nombreux immigrants qui viennent bâtir le pays. C’est aussi la lecture de Fatoumata, qui a été heureusement réconfortée par la possibilité pour les nouveaux arrivants de se connecter entre eux et d’établir des liens avec les Acadiens. « Le dialogue doit continuer avec les leaders de la collectivité pour s’assurer que les immigrants et leurs groupes deviennent des parties prenantes de la grande société canadienne. »