L’honorable Louise Imbeault

L’honorable Louise Imbeault

Lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick

Lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick depuis janvier 2025, elle est la 33e personne à occuper ce poste. Madame Imbeault a grandi à Moncton dans un milieu anglophone au sein d’une famille francophone. Entourée de six frères et sœurs, l’enfant studieuse et curieuse était soutenue par des parents engagés. Son père, Jean Cadieux, a dirigé l’École de commerce de l’Université de Moncton, puis est devenu le troisième recteur de l’établissement en 1974. Ce contexte familial a créé un terreau fertile pour susciter l’intérêt de la jeune étudiante envers les enjeux de société. Inscrite à l’Université de Moncton au baccalauréat ès arts (économie et philosophie) en 1964, elle a vécu de près la Révolution tranquille de l’Acadie. Les événements de contestation des années 1968 et 1969 témoignaient d’un désir de revendiquer des changements globaux, notamment ceux de la place du français et de la lutte contre la discrimination envers les francophones.

La jeune femme a étudié le journalisme à l’École supérieure de journalisme de Lille, en France, au cours de l’année universitaire 1968-1969. Madame Imbeault est devenue journaliste à l’ancien journal l’Évangéline, pour occuper par la suite les postes de reporteur et de chef des nouvelles. Elle était alors mère de quatre enfants !

Son entrée à Radio-Canada en 1976 marque une carrière d’exception en tant que journaliste aux affaires publiques, animatrice, cheffe des nouvelles et gestionnaire. À partir de 1980, la journaliste reçoit le mandat de documenter et, surtout, de diversifier l’image des femmes en ondes (radio et télévision). Malheureusement, elle a constaté des iniquités marquantes dans l’attribution d’emplois et de responsabilités qui favorisaient les hommes au détriment des femmes. « Il faut constater que l’hégémonie des hommes existait encore dans les milieux professionnels. La Charte canadienne des droits et libertés garantit clairement l’égalité des hommes et des femmes, mais dans les faits, l’inégalité persistait. »

Au cours de sa vie, Madame Imbeault a ardemment défendu le droit des femmes sur de nombreuses tribunes provinciales, canadiennes et internationales. Elle a notamment été conseillère, vice-présidente et présidente par intérim du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick. La volonté de changer les choses et de contribuer à l’épanouissement de l’Acadie fait partie des objectifs de vie de la leader. En 2017, elle a été élue à la présidence de la Société nationale de l’Acadie (SNA). Parmi les grands enjeux de société qui devraient mériter notre attention, la lieutenante-gouverneure nomme les témoignages de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. « Cela invite les citoyens et les leaders à réfléchir sur les gestes posés à l’endroit des peuples autochtones — gestes qui reflètent des comportements abusifs de la part de certains groupes blancs imbus de leur pouvoir. Les témoignages de sages autochtones qui rendent grâce au Créateur et évoquent un appel aux valeurs sont inspirants. Après tout, la Terre ne nous appartient pas… » C’est justement dans ce registre de thèmes que Madame Imbeault, copropriétaire des Éditions Bouton d’or Acadie avec sa sœur Marie Cadieux, a dirigé l’édition d’ouvrages pour enfants exposant des histoires amérindiennes de l’Est du Canada dans leur langue d’origine, en plus du français et de l’anglais.

« La qualité de l’information diffusée dans l’espace public est à la base de notre régime politique démocratique. Ainsi, le rôle des organismes de presse publics, indépendants et financés par l’État s’avère déterminant dans notre société canadienne. Il importe de maintenir la véracité et l’exactitude de l’information. C’est comme ça que les médias publics pourront continuer d’agir à titre de chiens de garde de la démocratie. »

L’engagement de Madame Imbeault envers sa communauté, sa province et son pays lui a valu les plus hautes distinctions, notamment le prix Albert-M.-Sormany (2010), l’Ordre de Moncton (2016), l’Ordre du Nouveau-Brunswick (2018), le grade d’Officier de l’Ordre national du Mérite de France (2022) et enfin, le titre d’officière de l’Ordre du Canada (2023). Elle s’adresse aux jeunes par ces quelques conseils : « Soyez fiers de qui vous êtes. N’hésitez pas à vous affirmer. Pensez à redonner. Soyez sensibles à la surconsommation et aux conséquences néfastes de nos modes de vie sur l’environnement. »

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