Réal Gervais

Réal Gervais

Administrateur public, témoin et acteur de la révolution acadienne

Être humain encyclopédique à la personnalité pétillante, Réal Gervais, né en 1951 à Edmundston, a bâti sa vie sur le militantisme politique, en plus de ses responsabilités d’administrateur public. Né de grands-parents agriculteurs, Réal a connu le dur labeur. Son père, humble et travaillant, était cheminot pour la compagnie ferroviaire du Canadien Pacifique, alors que sa mère besognait à la maison. La psychologie était au cœur de ses premières années d’études à l’Université de Moncton. Cela sera suivi par l’obtention d’une maîtrise en éducation. À l’égal des événements du mouvement étudiant des années soixante à Paris et à Montréal, les étudiants de la métropole néo-brunswickoise vivaient l’effervescence du « mouvement de libération de l’Acadie ». À ce sujet, il évoque les propos de Michel-Vital Blanchard : « On ne peut vivre dans une ville où il est interdit de parler sa langue! »

Le rejet de la minorité francophone par les bien-pensants anglophones allait alimenter un mouvement autonomiste auquel Réal a participé. Il a d’ailleurs été élu vice-président du Parti acadien créé en 1972. De 1982 à 1999, le diplômé de pédagogie se voit attribuer par le Collège de Bathurst différentes responsabilités. Il est successivement conseiller en orientation, conseiller en formation, gestionnaire et, enfin, doyen par intérim de l’établissement. En 2000, il était à l’emploi de la municipalité d’Edmundston. Il a exercé la fonction d’adjoint au directeur général jusqu’en 2009, puis de directeur général de la ville ouvrière. Pendant une année et demie, il a occupé le poste de sous-ministre associé à la réforme des politiques municipales.

Au cours des années 2010 à 2014, il a agi à titre de consultant en affaires publiques et gouvernance. En 2011, motivé par l’idée de trouver un nouvel équilibre à sa vie, il se retire avec sa conjointe dans l’arrière-pays, où il prend alors le métier d’artisan de la terre. « Toutefois, l’engagement politique n’est pas terminé », lance l’ex-vice-président puis président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick! Le sage est d’avis que plusieurs leaders francophones croient à une redéfinition du partenariat avec les anglophones dans la gouvernance de la province : « Les francophones s’attendent donc à une pleine autonomie des régies de santé et d’éducation. Aussi, des plans et stratégies qui incorporent l’obligation d’une immigration entièrement francophone dans les régions francophones sont d’importance cardinale. »

« Le Nouveau-Brunswick de demain, c’est l’inclusion des Premières Nations dans l’ensemble des nouvelles ententes, le développement d’une réelle autonomie énergétique sans empreinte écologique lourde, et enfin, un appui inconditionnel à la souveraineté alimentaire. » Un message pour les jeunes : « Ne pas laisser les autres décider pour soi. Il faut prendre les décisions pour soi-même. »

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