Richard Saillant

Richard Saillant

Économiste, chercheur, vulgarisateur des politiques publiques et de l’économie

Le chroniqueur et auteur de quatre livres nous rappelle que « l’État-providence a toujours sa place au pays », cela bien sûr pour soutenir les personnes âgées, les salariés à bas revenu, les pauvres, les immigrants, tout en maintenant la qualité des services de santé et d’éducation. Né à Lévis, au Québec, en juin 1973, il a grandi dans un milieu familial modeste de Val-Comeau, à proximité de Tracadie. « Très tôt, j’ai compris que la vie de mon coin de pays dépendait de l’État-providence : électrification rurale, assurance maladie, assurance emploi, éducation gratuite… Merci aux leaders politiques, les Louis Robichaud, Richard Hatfield, et Frank McKenna, qui ont transformé la province, de 1960 à 1997. » Titulaire d’un baccalauréat en économie et en sciences politiques de l’Université de Moncton, il a complété à l’Université de Montréal une maîtrise en économie traitant notamment du partage de la richesse entre les homardiers et les crabiers. À Ottawa, il a œuvré au Bureau du Conseil privé et aux ministères de l’Industrie ainsi que de Transports Canada. Il a aussi complété une maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) à l’Université McGill.

Une question amenée par l’expert : dans les élans de montée et de baisse des transferts de fonds fédéraux vers les provinces, y avait-il encore une place pour une redistribution de la richesse soutenant les programmes de l’État-providence partout au pays ? « Après tout, un sondage Angus Reid illustrait que l’identité canadienne tenait à trois concepts : la monarchie, le hockey et les soins de santé gratuits ! Le Nouveau-Brunswick compte sur les revenus de l’industrie forestière, des pêches, de la transformation des énergies fossiles et de la production manufacturière légère. En quoi les sources de revenus jugées traditionnelles seront-elles suffisantes pour combler les besoins des citoyens ? Heureusement, le Nouveau-Brunswick est une terre d’accueil pour les immigrants, mais encore faut-il les loger à un coût raisonnable… »

Le leader a occupé le poste de vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines de l’Université de Moncton jusqu’en 2013. Puis en 2014, il est devenu directeur de l’Institut Donald-J.-Savoie, un organisme de recherche en politique publique. Depuis 2017, l’économiste agit comme consultant, chroniqueur dans les médias francophones et anglophones, conférencier et chargé de cours à l’Université de Moncton. « Mon défi, expose-t-il, c’est d’être capable de rejoindre les gens attablés au Tim Hortons qui s’intéressent à la politique et à l’économie. »

Une économie dépendante de l’exportation de produits à valeur ajoutée existe déjà. Il donne les exemples du Groupe Savoie pour les produits du bois, de la distillerie Fils du Roy, de la culture des huîtres par la Maison Beausoleil et enfin, de l’usine des frères McCain qui se spécialise dans la transformation de la pomme de terre. « Imaginez ce qu’il sera possible de faire avec les espèces pêchées ou récoltées dans les milieux marins de l’Atlantique… »

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