Modernisation de la Loi sur les langues officielles fédérale | Les libéraux ont deux choix : une réforme ou une crise

Depuis plusieurs mois, voire années, le Parti libéral du Canada ne cesse de tergiverser en ce qui concerne leur promesse tenue lors des deux dernières élections de mettre en œuvre une modernisation de profondeur de la Loi sur les langues officielles fédérale de 1988.  

En considérant les nombreux dossiers ayant suscité l’émoi des communautés de langues officielles en situation minoritaire lors des dernières années (ex. Jeudi noir en Ontario, montée de l’antibilinguisme au Nouveau-Brunswick, levée de bouclier chez les Franco-Albertains pour sauvegarder le Campus Saint-Jean, insatisfaction générale des Anglo-Québécois, etc.), il est évident que l’urgence de cette réforme linguistique est des plus palpables.  

Plus récemment, l’effritement de la confiance des Québécois à l’égard du gouvernement fédéral sur la question linguistique commence de plus en plus à se faire sentir. D’ailleurs, les propos insensibles et insensés tenus par deux députées libérales au cours des derniers jours sur le déclin du français au Québec ne font que jeter de l’huile sur le feu, incitant ainsi l’indignation non seulement des Québécoises et des Québécois, mais également des francophones d’un bout à l’autre du pays.  

Enfin, au Nouveau-Brunswick, nous sommes actuellement à la veille d’une révision de la Loi sur les langues officielles provinciale, qui, selon la Loi, doit être complétée d’ici le 31 décembre 2021. Toutefois, avec le premier ministre Blaine Higgs (un ancien aspirant à la chefferie du New Brunswick Confederation of Regions Party, une formation politique antibilinguisme et anti-francophone) maintenant à la tête d’un gouvernement majoritaire, plusieurs francophones de la province craignent le pire.  

Qui plus est, le Discours du Trône présenté plus tôt cette semaine à Fredericton démontre clairement que le gouvernement Higgs ne saisit aucunement l’ampleur de la tâche devant lui ni l’importance de cette révision quant au maintien du contrat social de la province. De plus, dans une mélée de presse plus tôt aujourd’hui à Fredericton, M. Higgs a affirmé qu’il est contre la création d’un Comité permanent des langues officielles à l’Assemblée pour encadrer la révision de la Loi provinciale, soit une des principales demandes de la communauté acadienne quant au processus de révision.  

À la lumière de ces constats, le Parti libéral du Canada a maintenant deux choix devant lui : il peut soit démontrer du leadership en matière de l’aménagement linguistique du territoire en passant enfin à une modernisation de la LLO tel que promis, ou bien risquer une crise linguistique et d’unité nationale.  

« La SANB est présentement en communication avec le gouvernement fédéral sur cette question primordiale », affirme Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB. 

« D’ailleurs, en vue de la motion que les conservateurs déposeront plus tard aujourd’hui pour demander au gouvernement de passer à la modernisation de la Loi, nous demandons à la Ministre Joly de confirmer qu’elle déposera une réforme législative d’ici février 2021 », a conclu le président Doucet.


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Pour de plus amples renseignements :

Éric Dow, Directeur des communications

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