Pandurang V. Ashrit

Pandurang V. Ashrit

Physicien et doyen de la Faculté des sciences à l’Université de Moncton

L’entrevue avec le spécialiste canadien de l’état solide des matériaux (sciences physiques) se déroule dans le laboratoire du physicien Ashrit. Le scientifique occupe également, depuis 2017, le poste de doyen de la Faculté des sciences de l’Université de Moncton. L’homme d’une grande gentillesse et d’une humilité certaine expose un parcours d’exception qui témoigne d’une grande capacité d’adaptation. Le physicien né en mai 1957 dans la grande ville d’Hyderabad maîtrisait déjà les deux autres langues officielles de son pays, soit l’hindi et l’anglais, mais il a relevé le défi de l’apprentissage du français dès son arrivée à Moncton en 1982. Il obtint son diplôme de doctorat de l’Université de Karnataka (Inde) en 1984 par ses recherches sur les couches minces conductrices d’électricité.

Les travaux qu’il dirige à l’Université de Moncton et dans le Groupe de recherche sur les couches minces et la photonique (GCMP), qu’il a co-fondé, trouvent des applications dans les sphères des surfaces optiques, des panneaux solaires et des fenêtres intelligentes. « Les propriétés conductrices des couches minces (ordre de dizaines de nanomètres d’épaisseur) appliquées aux panneaux solaires et autres dispositifs apparentés représentent une solution pour la gestion de l’énergie partout dans le monde. Ne pouvant plus compter sur une dépendance aux hydrocarbures, des formules hybrides de production d’énergie — comme l’énergie photovoltaïque, l’énergie éolienne, l’énergie hydroélectrique — doivent devenir des priorités de nos sociétés. Le Canada a le savoir-faire, les ressources et le territoire pour développer les technologies d’énergies alternatives et les mettre à profit. » Les dispositifs de fabrication de matériaux organiques, qu’il a conçus, ont fait l’objet de protocoles expérimentaux lors d’une sortie dans l’espace de la navette spatiale Discovery de la NASA en 1998.

Dans l’esprit de favoriser un rapprochement des cultures, il a été président de l’Association indo-canadienne de Moncton. Dans ce cadre, il tenait annuellement un kiosque sur l’Inde avec sa fille Meetan au cœur de l’événement Village du monde. Interrogé sur sa vision des valeurs, le scientifique et humaniste croit au dépassement de soi, au sens de l’initiative, aux valeurs du travail et à la saine compétition pour parvenir à l’excellence. « Nous exportons beaucoup de nos ressources naturelles à l’étranger et nous sommes fortement dépendants des biens fabriqués dans d’autres continents. Une société meilleure sera celle où nous pourrons investir davantage dans la fabrication de produits ici au Canada. Après tout, nous sommes un pays de changements bâti par les immigrants qui ont contribué à façonner notre identité partagée et notre grande richesse culturelle. C’est justement dans ce cadre que s’inscrivent les valeurs de notre université : égalité, diversité et inclusivité. »

Vers le haut